Du Circ en général
Par Un clown parmi tants d'autres, samedi 1 mars 2008 à 23:04 :: HISTORIQUE DU CIRC :: #6 :: rss
Histoire du Collectif d'Information et de Recherches Cannabique (CIRC) de 1991 à 2000.
Remerciements à Olivier BERTRAND - Président CIRC Nord-est -
Auteur du texte ci-dessous :
D’UN 18 JOINT À L’AUTRE, DE PERQUISITIONS EN GARDES À VUE ET DE GARDE À VUE EN PROCÈS : AU NOM DE LA LOI, TAISEZ-VOUS !
En 1991, le Collectif d’information et de recherche cannabique (CIRC), dont l’objectif est de "collecter et de diffuser dans un but non lucratif toute information, notamment sociologique, scientifique, culturelle, historique, biologique, juridique ou économique relative au cannabis", devient une association loi de 1901. Immédiatement, sa philosophie s’inscrit dans le cadre de la réduction des risques (RDR). La philosophie de la RDR est une vision très large de la question des drogues, autrement plus large que la vision étriquée de la prohibition. Car n’en déplaise à la société, le temps est venu d’écouter l’usager. Écouter les usagers parce que leur connaissance des produits, de leurs effets, de leurs modes de consommation est un témoignage unique, précieux et très utile en matière de prévention des risques liés à l’abus des drogues. C’est pourquoi nous estimons qu’il est important de rétablir la citoyenneté de l’usager de cannabis et nous nous y forçons.
En 1993, le CIRC réactive "l’appel du 18 joint” lancé en 1976 par le journal "Libération" et organise, avec la complicité des Éditions du Lézard, la “première journée internationale d’information sur le cannabis” à Paris. Dans la foulée, le CIRC met en place un 36 15. Sa vocation : informer sur les objectifs du CIRC, reproduire les textes fondateurs, répondre aux questions... Le CIRC propose sur ses stands (ou sur demande) une large thématique de documents sur le chanvre, la plupart sous forme de tracts gratuits ou de dossiers plus complets à faible coût. Il propose également une large bibliographie sur les drogues en général.
En 1994, le CIRC consacre une semaine au cannabis se terminant le 18 juin par un rassemblement au Parc de La Villette réunissant plus de 3 000 personnes. Dans le même temps, le responsable du CIRC Bretagne est convoqué devant les tribunaux pour avoir donné des conseils pratiques sur la culture du cannabis dans le "BZH", fanzine publié par cette antenne du CIRC. Condamné à une amende, il doit abandonner ses fonctions de président. Le 10 mars, Jean-Pierre Galland, président de la Fédération des CIRC et membre fondateur, est jugé par le tribunal de Chambéry. On lui reproche d’avoir distribué à Aix-les-Bains, ville où il n’a jamais mis les pieds, le tract "10 choses à savoir sur le cannabis". À l’origine publié par le NORML (the National Organization for the Reform of Marijuana Laws), ce texte a été traduit en espagnol et en allemand. Son amende s’élève à 10 800 F. En juillet, France Telecom porte plainte contre le CIRC. Son serveur présente le cannabis sous un jour favorable. Les responsables font preuve de bonne volonté et suppriment ou modifient les textes susceptibles de froisser France Telecom. Mais au mois d’octobre, l’association passe devant le comité de la télématique anonyme, lequel demande l’interdiction du serveur, la principale source de financement de l’association avec les cotisations, la vente de livres et de quelques tee-shirts. Convoqué à plusieurs reprises au commissariat du dix neuvième arrondissement suite à des plaintes de particuliers, Jean-Pierre Galland est invité à s’expliquer sur le caractère incitatif du 36 15 CIRC devant l’inspecteur Signolet. Ce dernier fera une descente dans le local du CIRC le 28 novembre pour embarquer plusieurs milliers d’exemplaires du "Double Zéro" numéro 4 (revue éditée par le CIRC) ainsi que des affiches et des tee-shirts (même ceux qui, dans les enveloppes, étaient sur le point d’être expédiés !), des autocollants et de la documentation. Après 48 heures de garde à vue, entrecoupées d’interrogatoires à la limite de la décence idéologique, le président du CIRC sort pour découvrir le titre de la première page du "Libération" : "Drogues : le Comité d’Éthique pousse à une dépénalisation".
En février 1995, alors que le professeur Henrion remet son fameux rapport, le 36 15 CIRC est définitivement coupé. On reproche au CIRC d’avoir écrit que la marijuana s’avérait un médicament efficace contre le glaucome. Au bout de deux ans, comme le permet la loi, le CIRC fera une nouvelle demande refusée par France Telecom. Heureusement, avec l’Internet, nous avons pu combler ce manque. Un mois après l’arrivée de Jacques Chirac à l’Élysée, le 16 juin, le CIRC invite les médias et ses adhérents à une soirée privée sur le thème : “Cannabistrot, mythe ou réalité ?“. Le lendemain, en présence de nombreuses associations européennes, il propose un salon sur le cannabis. Et le 18 juin, il appelle les cannabinophiles et leurs amis à se retrouver à La Villette. Or, nous soupçonnant de vouloir présenter le cannabis sous un jour favorable, la préfecture de police interdit la totalité des événements au nom du L.630, deux jours avant le début des festivités. Nos deux responsables, Jean-Pierre Galland et Fabienne Lopez, ex-présidente du CIRC Paris Île-de-France (PIF), se retrouvent sur les lieux pour informer les nombreux amis du cannabis du caractère illicite de cette manifestation... Seulement voilà, plus de mille personnes restent sur les pelouses à échanger des idées et quelques "pétards". Une semaine plus tard, les responsables du CIRC, les associations (Asud, Limitez la casse) et les formations politiques (Écolo, Radical) ayant soutenu nos initiatives, sont convoqués par la brigade des stupéfiants, puis menacés des pires représailles par l’inspecteur Signolet, toujours lui. Un discours odieux et tellement choquant que les associations concernées dénoncent les propos tenus dans le journal "Libération". Cela n’a pas empêché l’inspecteur Signolet d’inciter le directeur des fromageries Bel à attaquer l’association. En effet, quelques mois plus tard, les inspecteurs de la brigade des contrefaçons débarquent au local du CIRC à la recherche de tee-shirts représentant la "Vache qui Rit" avec deux feuilles de chanvre en guise de boucles d’oreilles et des yeux bien rouges... Conçu en 1993 et fabriqué à 299 exemplaires, le tee-shirt "Vache qui rit" a été vendu uniquement par correspondance aux adhérents de l’association. Le 19 novembre 1997, Jean-Pierre Galland est condamné par la trente et unième chambre correctionnelle du tribunal de Paris pour contrefaçon.
Le 2 mai 1996, les gendarmes d’Aix-en-Provence se présentent au domicile de Galland : un prévenu, qui cultivait de l’herbe, l’accuse d’être un vilain trafiquant. À l’issue de la perquisition, des disquettes bourrées d’écrits chanvriers et des lettres de lecteurs de “Fumée clandestine” (dont il est l’auteur) sont embarquées. Tout ça au moment où 4 000 exemplaires du nouveau “Double Zéro” sont saisis à Lyon où devait se faire le numéro. Les stups ont saisi toute l’iconographie sous prétexte que notre ami Christian, l’ex-président du CIRC Lyon, a plongé pour 3 kilos de shit. Le 29 mars, Fabienne Lopez et Jean-Pierre Galland sont condamnés respectivement à 10 000 F et 30 000 F d’amende pour organisation de manifestation malgré interdiction par la seizième chambre correctionnelle de Paris. Jugé en appel, l’amende de Fabienne est passée à 7 000 francs mais celle de Jean-Pierre a été maintenue. L’affaire ira jusqu’en cassation où la cour a maintenu les condamnations. Si l’on ajoute 6 000 F d’avocat et 7 500 F de cassation par tête de pipe, on arrive à 64 000 F pour un procès ! Cela n’a pas découragé les Circomaniaks qui, comme l’année précédente, organise le vingtième anniversaire du "18 joint" avec un rassemblement pacifique à la Villette. Nouveau refus de la préfecture de police. Fabienne Lopez prend acte et renonce à la manifestation. Mais spontanément, Chiche ! (les jeunes écolos) et le MJS (les jeunes socialistes) décident d’appeler à un rassemblement même jour, même heure, même lieu, pour exiger du gouvernement l’ouverture d’un grand débat sur la réforme de la loi de 1970. Encore un refus de Philippe Massoni, préfet de police, qui estime que cette demande a manifestement pour but de se substituer à celle du CIRC. Sur le terrain, on retrouve quelques milliers de personnes, dont les responsables des Verts, du Mouvement de légalisation contrôlée (MLC), de Médecins du monde, de Limiter la casse ou de la Ligue des droits de l’homme (LDH), lesquels expriment tour à tour leur désaccord sur la politique gouvernementale en matière de drogues. Pris en flagrant délit de collage de tracts et d’affiches appelant les cannabinophiles et leurs amis à sortir de la clandestinité pour le "18 joint", certains militants du CIRC sont interpellés, certains d’entre eux finissant devant les tribunaux. A Montpellier, le tout nouveau préfet interdit le rassemblement prévu le 16 juin par le CIRC Languedoc pour "protester contre la répression dont font l’objet les usagers de cannabis". En 1997, le préfet réitérera. De même, on ne compte plus les pressions dont le président du CIRC Provence fait l’objet, tant de la part des élus locaux que des gendarmes. Quant à la préfecture de Moselle, elle s’illustre le 2 août en refusant les statuts déposés un an auparavant par le CIRC Alsace-Lorraine basé à Thionville. Dans l’alinéa 2 de l’article 2 des statuts, il est précisé que l’association a pour but "d’informer objectivement les utilisateurs et futurs utilisateurs afin d’éviter tout abus". Or, le cannabis étant interdit, le préfet considère que l’abus débute dès lors que vous tirez sur un pétard... Et puis, écrit-il, le futur président, Christophe, est défavorablement connu des services de police. En octobre, les membres fondateurs du CIRC Alsace-Lorraine déposent à la préfecture de Metz de nouveaux statuts calqués sur ceux des autres CIRC. Nouveau refus de la préfecture sous prétexte que l’association, composée de nombreux usagers, risque de présenter le cannabis "comme drogue susceptible d’être consommée sans danger". Le CIRC est simplement interdit dans ce département. Que de malheurs pensez-vous, attendez, ce n’est pas fini. En fait le CIRC est tout juste toléré, son action parfaitement ignorée par le Ministère de la Santé, mais pas par celui de l’Intérieur.
Fabienne et Jean-Pierre se présentent, le 3 juillet 1997, devant la seizième chambre correctionnelle de Paris, pour "l’Appel du 18 joint" de 1996, en compagnie de nombreuses autres associations. Le parquet ayant fait appel de la décision du juge, ils se sont tous retrouvés le 26 novembre 1998 (initialement prévu le 7 mai 1998, mais reporté). Le procureur avait requis 35 000 F d’amende pour Jean-Pierre Galland et 10 000 F pour Fabienne Lopez. Ils seront condamnés à 10 000 F d’amendes pour Jean-Pierre et 5 000 pour Fabienne. C’est déjà mieux et c’est la première fois que les peines sont diminuées. Mais revenons en mars 1997. Le 14 et 15 mars, le CIRC Lyon organise sa fête annuelle avec concerts et débats. Mais à quelques heures de l’ouverture des portes du Rail-théatre qui accueillait les manifestations du CIRC, les fonctionnaires du groupe d’enquêtes anti-drogue du cinquième et neuvième arrondissement envahissent les lieux et saisissent, sur ordre du procureur, tee-shirts et tracts. Ils embarquent ensuite la présidente de l’association et le responsable du lieu. Désormais, il est interdit de présenter une feuille de chanvre que ce soit sur un tract, sur un tee-shirt ou sur une carte postale... Incroyable, mais vrai ! D’après les fonctionnaires qui interrogent la responsable du CIRC Lyon, le mot même de cannabis devrait être banni du dictionnaire ! En juin, les membres du groupe anti-drogue de Lyon se présentent au domicile de Jean-Pierre Galland, accompagnés d’inspecteurs de la brigade des stupéfiants de Montpellier. Ce dernier étant absent, ils s’en prennent à son ex-amie. Après la perquisition d’usage, ils l’emmènent et la gardent plus de cinq heures, dont les deux tiers dans une cellule en compagnie de son bébé âgé de trois mois. Agissant sur commission rogatoire délivrée par un juge d’instruction lyonnais, les inspecteurs du groupe anti-drogue se sont ensuite rendu à Paris pour auditionner Jean-Pierre. Convoqué à 15 heures dans les locaux de la quatrième division de la police judiciaire, il en sort à 10 heures le lendemain matin. Avec Laurence Duffy, la présidente du CIRC Lyon, il sera jugé pour provocation au délit d’usage suite à la fête du CIRC Lyon. Le 24 mars, la brigade des stupéfiants effectue également une perquisition au domicile de Stéphane Karcher, co-fondateur du CIRC, et de Laurent Malfois, ancien trésorier de l’association. Ils opèrent dans le cadre d’une commission rogatoire délivrée par un juge d’instruction de Montbéliard suite à l’arrestation, pour détention et cession de cannabis, d’une personne se présentant comme entretenant des liens étroits avec le CIRC. Ayant refusé de subir une injonction thérapeutique, Stéphane est jugé pour simple usage. Après s’être renvoyé la balle d’une chambre à l’autre, il est relaxé ! En Moselle, les Circomaniaks ne lâchent pas prise et déposent, pour la troisième fois maintenant, de nouveaux statuts, mais à Toul cette fois (en Meurthe-et-Moselle) pour donner naissance au CIRC Nord-Est. A la surprise générale, les statuts sont acceptés en janvier 1998. A Paris, la Fédération des CIRC, les CIRC, l’AREV (Alternative rouge et verte), ASUD National, la CAP (la Convention pour une alternative progressiste), Chiche !, Techno Plus, les Verts, le Comité de rédaction de Pote à Pote, l’ANIT, l’Éléphant rose, Limitez la casse, Médecins du Monde et AIDES s’unissent au Parc de La Villette pour fêter ensemble le "18 joint". La LDH, la CGT, Act Up Paris, Anima’fac, l’Association des Communistes Combattants du Sida, le syndicat des policiers en tenue (la FASP), le Parti Radical Socialiste, l’UNEF-ID et le Syndicat de la magistrature (SM) soutiennent également la manifestation. Mais le préfet de police, toujours Philippe Massoni, interdit une nouvelle fois cette manifestation, provoquant ainsi les protestations des protagonistes. Les autorités policières reprochent aux éditions précédentes du rassemblement d’avoir manifestement donné lieu à l’usage et à l’incitation à la consommation de stupéfiants tout en permettant la présentation sous un jour favorable de l’usage de produits stupéfiants. En août, les responsables du CIRC sont convoqués à la brigade des stups, sur ordre du procureur de la république, Monsieur Bernard Pagès, suite à l’ouverture d’une enquête sur le rassemblement. L’année 1997 se finit en beauté avec une opération pour le moins fumante menée par tous les CIRC. En effet, les 577 députés français ont reçu par voie postale, le mercredi 10 décembre, un petit paquet contenant une lettre, un livre et un petit pétard (ou joint). Il s’agissait d’une opération nommée “Chanvre des députés”. De cette manière, le CIRC entendait relancer le débat sur le cannabis tout en sensibilisant les élus sur le sujet de la dépénalisation du cannabis. L’ouvrage adressé aux députés, “Cannabis, lettre ouverte aux législateurs” (10 F dispo au CIRC), raconte les affres de la prohibition en France de 1970 à nos jours.
En 1998, l’incontournable manifestation du CIRC à Paris est tout juste tolérée (nouveau gouvernement oblige). Mais les responsables du CIRC et de nombreux partenaires, dont le porte-parole des Verts, Jean-Luc Benhamias, se sont tout de même retrouvés les 25 et 26 mars devant les XIVe et XVIIe chambres correctionnelles pour l’opération "Chanvre des députés" d’une part et pour "l’Appel du 18 joint" 1997 d’autre part. Si le réquisitoire du procureur pour le "18 joint" ressemble aux condamnations précédentes, il n’en va pas de même pour les joints que nous avons envoyés à l’Assemblée Nationale. Ainsi, les parties civiles (deux associations anti-drogue) ont demandé des amendes de 5 000 à 5 millions de francs en guise de préjudices et le procureur a requit 18 mois de prison dont 12 avec sursis et 1 franc de dommage et intérêt aux onze députés qui ont porté plainte, ainsi que le remboursement des frais de justice (10 000 francs). Notre ami Jean-Pierre est finalement condamné à 250 jours-amende à 200 F (50 000 F) pour cette opération. Heureusement, grâce à la générosité des cannabinophiles, il a pu réunir cette somme avant janvier 1999, évitant ainsi d’effectuer 125 jours de prison. Il doit aussi verser 1 franc de dommage et intérêts aux onze députés et 3 000 francs aux deux associations qui se sont porté partie civile. Ajoutez les frais d’avocats, les divers frais de justice et les amendes précédentes, on arrive à un total de 180 000 francs à devoir au Trésor Public... Ca fait vraiment beaucoup et on commence à craquer. Mais pour aussi dur qu’il soit, ce jugement est bien loin de la peine de prison ferme demandée par le procureur Pagès. De même, le lendemain, pour le "18 joint" 1997, les organisateurs sont reconnus coupables, mais dispensés de sanction... En effet, les délibérés du 14 mai vont à l’encontre des réquisitions du procureur Pagès pour qui le président du CIRC était le véritable organisateur de la manifestation. Il demandait à son encontre 3 mois de prison avec sursis et 30 000 francs d’amende (10 000 francs pour les autres protagonistes). C’est la première fois dans la tumultueuse histoire du CIRC avec la justice que le responsable de l’association échappe à une peine de prison avec sursis et/ou une amende. Est-ce seulement parce que le CIRC était jugé avec le responsable d’un parti politique de la majorité qu’il a échappé à la vindicte de la justice ? Ou ce jugement marque-t-il la fin de l’hystérie contre les associations qui se battent pour que s’ouvre un débat sur les stupéfiants ? Il faut visiblement opter pour la première option car le procureur Pagès aura vite fait de renouveler ses attaques contre Galland. En effet, il a fait appel à ce jugement. Après un nouveau procès, Jean-Pierre Galland est condamné à une amende de 10 000 F alors que les Verts et Asud devront payer 5 000 F chacun. Chiche ! et la CAP seront jugés plus tard car ils ne se sont pas présentés au procès. Dans la foulée, les Verts et le Mouvement des citoyens ont chacun déposé une proposition de loi pour abroger l’article L.630 qui censure tout débat sur la place des drogues, et un collectif pour l’abrogation de la loi de 1970 a vu le jour. En effet, en soutien aux représentants des organisations poursuivis, à toutes les victimes du L.630 et surtout après le procès du président d’Act Up Paris ; à l’appel d’ASUD, de Chiche !, du CIRC, des Verts, d’Act Up Paris et de la LDH, nous avons créé le Collectif pour l’abrogation de la loi de 1970 (le Cal 70). Dans le Nord Est, après les statuts du CIRC acceptés en Meurthe-et-Moselle, l’équipe tente de redéposer des statuts en Moselle. Cela ne plaît pas aux autorités puisque le secrétaire de l’association est harcelé par les renseignements généraux (RG) qui le menacent de lui faire perdre son emploi de fonctionnaire. Il démissionne de son poste au sein du conseil d’administration du CIRC Nord Est sous la pression. Le mois de juin est particulièrement chargé. En effet, les Nations Unies tiennent la première session spéciale de leur Assemblée générale sur les drogues, du 8 au 10 juin à New York, afin de surenchérir les stratégies répressives actuelles, dans la catastrophique quête d’une “société sans drogue”. Du coup, plusieurs organisations se sont unifiées contre cette session pour former une “Coalition mondiale pour des alternatives à la guerre anti-drogue”. Cette coalition a désigné les samedi 6, dimanche 7 et lundi 8 juin 1998 comme étant les “Journées mondiales 1998 contre la guerre anti-drogue”. Cet événement se décline en manifestations, forums de discussion, séminaires, publications, conférences de presse, fêtes de rue, concerts, etc, dans 33 villes en même temps un peu partout dans le monde. Le CIRC participe à cet événement au sein du Cal 70 avec une manifestation le dimanche 7 juin 1998 à Paris. "L’Appel du 18 joint", quant à lui, est aussi fêté dans plusieurs villes de France. En effet, le 21 juin, c’est à Paris, à La Villette, accompagné par la fête de la musique. C’est aussi à Montpellier, Toulouse et Lyon le jeudi 18 juin et à Strasbourg le 20 juin. A Montpellier, les CRS sont rapidement intervenus. A Lyon, ils sont quelques 200 à se réunir autour d’un superbe gâteau (les 5 ans du CIRC Lyon) à Bellecour. Le CIRC Midi-Pyrénées s’est donné rendez-vous le 18 juin 1998 à Pech David (base de loisir près de Toulouse) sans demande d’autorisation et donc sans encombres. Il y avait environ 150 personnes. A Strasbourg, c’est la première fois que le CIRC Nord Est tient un stand sur la place publique. Avec la complicité très active d’ASUD 67 et des Verts 67, cette première manifestation locale c’est superbement bien passée, malgré la présence des CRS et des RG. A Paris, après la rituelle interdiction de manifestation, le CIRC a, tout aussi rituellement, bravé l’interdit pour se retrouver, en compagnie de quelques 800 à 1 000 personnes, pour un pique-nique où la légalisation du cannabis était servie en plat principal. Jean-Pierre Galland est présent, s’indignant du récent rapport Roques, le trouvant illégal en vertu du L.630, en tout cas au même titre que cet attroupement qui est maintenant devenu une habitude.
En 1999, six CIRC relancent "l’Appel du 18 joint" un peu partout en France. Certains d’entre eux se sont vus interdire le droit de se rassembler, alors que pour d’autres tout s’est bien déroulé. Dans tous les cas, pendant plusieurs heures, sur quelques places de France, la consommation du cannabis est légalisée, et ce, avec la bénédiction de la police qui, bien que très proche, n’a jamais demandé aux nombreux usagers d’éteindre leurs joyeuses cigarettes ! Comme en Bretagne par exemple, à Rennes, où les Bretons se rassemblent avec Chiche ! et le MJS. Les ennuis commencent lors du collage des affiches annonçant la manif et la campagne électorale des Verts. Nos amis colleurs sont embarqués à 6 heures du matin par un flic grincheux et un procès verbal pour le moins étonnant est dressé. Pourquoi étonnant ? Tout simplement parce que le rassemblement prévu quelques jours plus tard n’est pas interdit et parce qu’il n’y a pas d’accusation, ni procès pour "incitation à la consommation" alors que les affiches comportaient des feuilles de cannabis et la phrase "légaliser le chanvre". Il y a seulement eu, le 8 juillet, un rapide passage des protagonistes devant un médiateur pénal qui leur a fait la morale. Le deuxième petit souci intervient après le collage des affiches du L.630 Tour. Une association familiale catholique, n’appréciant pas l’affiche du CIRC, décide de nous attaquer au nom du L.630. Mais pour une fois, le plaignant ai débouté et le CIRC sort de cette histoire avec une jurisprudence qu’il ne va pas manquer d’exploiter. De plus, nous constatons que la solution consistant à se mêler à beaucoup d’autres mouvements pour appeler au rassemblement de "l’Appel du 18 joint" semble porter ses fruits et empêcher toute interdiction abusive. En tout cas, nos amis Bretons ont constaté que leurs affiches résistaient bien au décollage. Mieux, l’histoire de la censure qui leur était infligée s’est répandue comme une traînée de poudre à Rennes. Il n’en fallait pas plus pour faire du "18 joint" un véritable succès. Tout commence à Nantes avec un rassemblement le 18 juin. Simultanément, à Rennes, on pouvait assister à une projection de films ("Kif-Kif", "Cannabis en France" et le "journal cannabique"). Le lendemain, le 19 juin, toujours à Rennes, c’est un rassemblement pour légaliser le gouda, organisé sur la place de la mairie et relayé par la Lesbien and Gays Pride. Une vraie manif d’agités où tout le monde a pu s’informer, dialoguer, etc. Tout comme à Lyon où les cannabinophiles et leurs amis se sont rassemblés le 18 juin pour "consommer le L.630". Comment ? Très simple. Ils ont confectionné quelques sablés et gâteaux en forme de feuille de chanvre et les ont dégustés de manière à consommer la preuve ! A Nancy, c’est au parc de la Pépinière que les cannabinophiles du Nord Est se sont retrouvés pour le "18 joint" avec l’association Icare, ASUD 67, Chiche ! Et FTP. Une belle réussite ! Par contre, à Montpellier, voilà une année de plus que le rassemblement prévu par le CIRC Languedoc est interdit. Devant la pression policière accrue, très peu de sympathisants sont venus soutenir la cause cannabique. En revanche, les CRS sont bien nombreux, n’hésitant pas à intervenir au moindre mouvement des défenseurs du chanvre. Le CIRC Midi-Pyrénées aussi est touché par la répression. L’interdiction tombe 24 heures avant le début des festivités. A Paris, bien que n’ayant fait aucune demande d’autorisation de rassemblement, Jean-Pierre Galland s’est vu une fois de plus stipuler que le rassemblement prévu par le CIRC PIF était interdit. Le soutien des Verts, du SM, de la LDH, de Chiche !, d’Asud et d’Aides Fédération n’a pas dissuadé la préfecture d’empêcher les cannabinophiles d’exprimer librement leurs avis sur la question de la légalisation du chanvre. Après ces quelques rebondissements, "l’Appel du 18 joint" se déroule sans problème et réunit plus de 2 500 personnes. De plus, l’interdiction étant tombée le 17 juin, le CIRC n’a pas pu prévenir ses sympathisants et a donc dû se rendre au Parc de la Villette, non pas pour fêter "l’Appel du 18 joint", mais pour annoncer et dénoncer, comme d’habitude, l’interdiction !
Mais en 1999, il est surtout question de la campagne électorale des Verts pour les élections européennes à laquelle Jean-Pierre Galland a participé. Tout le monde était ravi de ce "coup" médiatique et en espérait un retentissement qui n’a pas encore eu lieu. En effet, avec le Cal 70 et le candidat Galland, 25e sur la liste des Verts, on pensait bien que les usagers allaient envahir la scène politique. Mais rien. Pourtant, à moitié dissimulé derrière une touffe verdoyante de feuilles de cannabis, le visage hilare de Jean-Pierre Galland est apparu sur les murs de la capitale et d’une cinquantaine d’autres villes, en dessous d’une invitation alléchante : "Et si on sortait de la prohibition ?" Quand les inspecteurs des RG ont découvert le nom de Galland sur les affiches électorales des Verts, ils ont cru que c’était un gag. Ils ont même appelé la direction du parti pour être sûrs que ce n’était pas un canular. Sans préjuger de l’influence qu’a eu la participation du CIRC dans les résultats obtenus, nous espérons que les politiques auront pris conscience de l’importance de nos revendications. Car si les élections furent un succès pour les Verts et une belle aventure pour nous, elles n’ont pas vraiment permis de faire avancer le débat. D’ailleurs, l’actualité du CIRC est toujours répressive, en particulier avec le procès du CIRC Lyon. Après une très longue enquête, plus d’un an, voilà que commence enfin le procès de nos deux amis du chanvre pour la fête du CIRC Lyon en mars 1997. Les animateurs de l’antenne lyonnaise du CIRC sont défendus par Maître Gabriel Versini qui précise que “la dépénalisation des drogues dites douces est un véritable serpent de mer. À chaque changement de gouvernement, on en parle, on nomme une commission qui rend un joli rapport, aussi vite enfoui au fond d’un tiroir. Résultat : il n’y a jamais eu de véritable débat autour de cette question qui est pourtant extrêmement importante”. Il est vrai qu’après le rapport de mars 1997 réalisé par l’Académie des sciences à la demande de François d’Aubert, à l’époque secrétaire d’État à la recherche, qui mettait en évidence “la toxicité” du cannabis, il y a eu le Rapport Henrion de février 1995 qui proposait, lui, de substituer une réglementation à la pénalisation. Quelques mois plus tôt, en décembre 1994, c’était le Comité pour la consultation des jeunes, mis en place par Édouard Balladur, alors Premier ministre, qui évoquait une dépénalisation expérimentale de la consommation de cannabis pendant dix-huit mois. Puis c’est au tour du rapport Roques de qualifier le cannabis comme étant la drogue la moins dangereuse, surtout comparée à l’alcool et au tabac, produits parfaitement licites. Autant de rapports qui déclenchent des prises de positions passionnelles et qui ont, aussi, rapidement été oublié. Pour preuve, les flics ayant saisi 500 grammes de graines de chènevis sur le stand du CIRC Lyon, Laurence est accusée de trafic ! Autant vous dire que l’on redoutait tous ce procès du 6 septembre devant la 12ème chambre correctionnelle du tribunal de Lyon. En effet, le procureur n’hésite pas à employer les arguments les plus éculés avant de requérir une peine de 200 jours-amende à 500 francs (100 000 F) à l’encontre de Jean-Pierre Galland. L’amende de la présidente du CIRC Lyon est laissée à l’appréciation de la juge. Les délibérés ont été rendus le 27 septembre. Le tribunal condamne Jean-Pierre à 10 000 F d’amende et Laurence à 5 000 F. Le pire, c’est que les fonctionnaires du Trésor Public ont procédé à la saisie du compte bancaire de Jean-Pierre. Nous avons décidé fait appel. En Moselle, l’heure est à la contre attaque. Après avoir été refusé pour la troisième fois en Moselle, nous attaquons le préfet en justice en argumentant que nous avons été acceptés dans le département d’à côté. Après un recours devant le tribunal administratif de Strasbourg, la décision du préfet de Moselle est annulée et l’État est condamné à verser aux trois administrateurs la somme de 2 000 francs au titre des frais exposés par eux. A la suite de cette première victoire juridique pour le CIRC, nous avons créé le CIRC Moselle. En Bretagne, lors des Universités d’été des Verts à Lorient, le CIRC Bretagne tient une table d’informations. Leur présence déclenche l’opération policière la plus ridicule et la plus foirée de l’année. En effet, un contingent de brassard de police, sur ordre d’un procureur, fait irruption dans la galerie des tables de presse. Le CIRC est visé pour incitation et Chiche ! pour vente de produits illicites. Les mille délégués des Verts, alors en congrès à l’étage, n’hésitent pas à encercler complètement les fonctionnaires et à les chasser. Finalement, les flics se font copieusement engueuler par le préfet et le procureur s’excusera auprès des Verts pour avoir agi légèrement. Pour le CIRC, carton plein dans la presse TV, écrite, scandale et délectation de militants gagnants. Mais à chaque fois qu’une bonne nouvelle s’annonce, la répression a vite fait de nous refroidir. Voilà que trois responsables du CIRC Nord Est sont condamnés à Abbeville, dans la Sommes, suite à la tenue d’un stand d’information en 1998. Si l’un d’eux a été condamné à 1 mois avec sursis compte tenu de l’absence d’antécédent judiciaire, Luc, adhérent très actif, et Christophe, président du CIRC Nord Est, sont condamnés à 1 mois ferme chacun ! Alors que la joyeuse équipe se rendait à un festival musical pour y tenir un stand d’information sur le cannabis, ils ont été interceptés à quelques kilomètres du lieu de cérémonie par les gendarmes avec 28 grammes de résine de cannabis... Après une première audience ajournée, les trois Circomaniaks sont passés devant le tribunal correctionnel d’Abbeville le 1er avril 1999. A l’audience, il est surtout questions de leur personnalité, de leur action au sein du CIRC, de l’action du CIRC et de ses biens fondés, et, surtout, du fait que d’avoir des pipes et des balances constituaient plutôt une incitation à la consommation de drogues, voire de la provocation, et non de l’information au sens où nous l’entendions. Nous avons interjeté appel de cette décision. La cour d’appel est à Amiens. Le 14 septembre 2000, elle maintiendra les sanctions. Des peines qui apparaissent disproportionnées par rapport aux faits et en contradiction avec leur époque. Au moment où Mme Maestracci, présidente de la MILDT, la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie, un organisme directement dépendant du Premier ministre français, envisage la possibilité de distribuer gratuitement de l’héroïne à des toxicomanes lourds afin de diminuer les risques sanitaires ; à l’heure où la banalisation du cannabis se confirme (selon une étude de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, l’OFDT, réalisée à Paris en 1998 sur 10 000 lycéens, un tiers des lycéens a fumé un joint et on parle d’environ un jeune sur deux qui a consommé du cannabis au moins une fois dans sa vie) en même temps que les scientifiques s’accordent sur la faible nocivité du cannabis comparé aux autres drogues, licites ou illicites (comme l’admet aussi les objectifs du nouveau plan triennal) ; cette sentence est véritablement inadaptée. Déjà en 1978 et 1984, deux circulaires du ministère de la Justice avaient recommandé de ne plus suivre les consommateurs. Puis, après que Nicole Maestracci ait suggéré d’éviter les incarcérations pour simple usage de drogues illicites, c’est Élisabeth Guigou, Ministre de la Justice à l’époque, qui a envoyé aux procureurs de la République une circulaire qui met notamment l’accent sur la palette des réponses judiciaires disponibles qui va "du simple rappel de la loi à l’incarcération, recours ultime, avec toute une gamme intermédiaire". Mais de tout cela, la cour d’appel d’Amiens n’en a que faire. Alors que Luc a lâché l’affaire dans l’espoir de bénéficier d’une éventuelle amnistie, Christophe a décidé de se pourvoir en cassation.
Alors que les manifs du "18 joint " de l’an 2000 n’ont pas connu de problème en Bretagne, à Paris, Lyon et Montpellier, il en est tout autre à Nancy et Lille. Le CIRC Nord Pas-de-Calais a connu le même scénario répressif que le CIRC Nord Est avec la confiscation de leur stand, en particulier les livres et les tee-shirts. A Paris, c’est lors du "Printemps des associations" que le CIRC PIF a été jeté par les stups. Là aussi, c’est exactement le même scénario. Outre l’infraction au L.630, ils seraient là, sur la voie publique, sans autorisation... Mais qu’en était-il des autres stands présents dans le cadre de l’événement ? Avec l’accord du préfet, ils ont saisi les livres à pleines mains. Ils ont fait monter la pression, menaçant d’embarquer tout le monde et de mettre les livres sous scellés, assortis de la menace d’un procès verbal pour "trouble à l’ordre public" et plus si (non) affinités. A Lille et à Nancy, les flics ont embarqué tous les articles disposés sur nos stands, mais seuls les livres (Esprit Frappeur, Édition du Lézard, de Dagorno et de Trouble Fête), les tee-shirts et autres babioles reproduisant une feuille de chanvre ont été confisqués et mis sous scellés. Les autres articles, notamment les pipes et les chillums, ainsi que nos tracts, ont été immédiatement restitués. C’est un coup dur porté contre notre association, les livres représentant les trois-quarts des produits que nous vendons. Même si nous avons réussi à reconstituer un stock de livres grâce à l’aide des Editions du Lézard, que nous remercions au passage, il est impossible de laisser sous silence la confiscation de livres. De plus, en s’opposant à notre rassemblement, les forces de l’ordre ont commis une voie de fait, en ce qu’ils portent une atteinte intolérable à des libertés fondamentales telles que la liberté d’expression et de manifestation. La LDH nous soutien dans un recours contentieux et se tient à la disposition de notre avocat, Maître Gallic de Verdun. Il est prêt à engager une action en responsabilité à l’encontre des services de police devant la juridiction administrative, voire plus, car il semblerait que nos livres ont été détruits (ce qui apparaît illégal). En attendant, après avoir décidé de quitter les Éditions du Lézard et de créer sa propre maison d’édition (Trouble fête), Jean-Pierre Galland s’attaque à la promo de son nouveau livre réalisé avec la collaboration de Phix : "J’attends une récolte" (120 F dispo au CIRC). Les CIRC s’y attaquent aussi. Si avec tout cela vous ne vous mettez pas au jardinage !
Ainsi, depuis presque dix ans, dans des conditions rendues difficiles par des procès à répétition, l’association se bat contre l’hypocrisie, débusque les mensonges, dénonce une répression aveugle, informe les cannabinophiles ou leurs parents, propose des solutions pour rendre au cannabis sa liberté... Bref, le CIRC démontre par son travail et ses arguments, la preuve de l’inutilité et de la dangerosité de la prohibition. Hier, victime de procès à répétition, aujourd’hui censuré, le CIRC devrait-il demain entrer dans la clandestinité et ses militants les plus actifs prendre le maquis ? Car les condamnations, amendes et autres interdictions n’en finissent plus de nous “pourrir la vie”. Il faut absolument que les cannabinophiles prennent conscience qu’il est temps de bouger, car après il sera trop tard ! Le vénéré Jean-Pierre Galland a tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises. Ce qui est mis en jeu est extrêmement important pour l’avenir du CIRC. À travers tous ces actes de censure, ce sont toutes les associations et organisations défendant la liberté d’expression qui sont ouvertement menacées. Pour le nouveau millénaire, le CIRC continuera à inviter les cannabinophiles et leurs amis à sortir de la clandestinité pour demander :
- L’abrogation de l’article L.630 du Code de la Santé Publique qui punissant, la “présentation du cannabis sous un jour favorable”, empêche tout débat.
- Le retrait du cannabis et de ses dérivés du tableau des stupéfiants et l’amnistie pour celles et ceux qui sont victimes de ce classement inepte, immoral dans son principe et impraticable dans la réalité.
- Un grand débat national sur la place des drogues illicites dans notre société et sur les modalités de sortie de la prohibition des drogues.
En 1991, le Collectif d’information et de recherche cannabique (CIRC), dont l’objectif est de "collecter et de diffuser dans un but non lucratif toute information, notamment sociologique, scientifique, culturelle, historique, biologique, juridique ou économique relative au cannabis", devient une association loi de 1901. Immédiatement, sa philosophie s’inscrit dans le cadre de la réduction des risques (RDR). La philosophie de la RDR est une vision très large de la question des drogues, autrement plus large que la vision étriquée de la prohibition. Car n’en déplaise à la société, le temps est venu d’écouter l’usager. Écouter les usagers parce que leur connaissance des produits, de leurs effets, de leurs modes de consommation est un témoignage unique, précieux et très utile en matière de prévention des risques liés à l’abus des drogues. C’est pourquoi nous estimons qu’il est important de rétablir la citoyenneté de l’usager de cannabis et nous nous y forçons.
En 1993, le CIRC réactive "l’appel du 18 joint” lancé en 1976 par le journal "Libération" et organise, avec la complicité des Éditions du Lézard, la “première journée internationale d’information sur le cannabis” à Paris. Dans la foulée, le CIRC met en place un 36 15. Sa vocation : informer sur les objectifs du CIRC, reproduire les textes fondateurs, répondre aux questions... Le CIRC propose sur ses stands (ou sur demande) une large thématique de documents sur le chanvre, la plupart sous forme de tracts gratuits ou de dossiers plus complets à faible coût. Il propose également une large bibliographie sur les drogues en général.
En 1994, le CIRC consacre une semaine au cannabis se terminant le 18 juin par un rassemblement au Parc de La Villette réunissant plus de 3 000 personnes. Dans le même temps, le responsable du CIRC Bretagne est convoqué devant les tribunaux pour avoir donné des conseils pratiques sur la culture du cannabis dans le "BZH", fanzine publié par cette antenne du CIRC. Condamné à une amende, il doit abandonner ses fonctions de président. Le 10 mars, Jean-Pierre Galland, président de la Fédération des CIRC et membre fondateur, est jugé par le tribunal de Chambéry. On lui reproche d’avoir distribué à Aix-les-Bains, ville où il n’a jamais mis les pieds, le tract "10 choses à savoir sur le cannabis". À l’origine publié par le NORML (the National Organization for the Reform of Marijuana Laws), ce texte a été traduit en espagnol et en allemand. Son amende s’élève à 10 800 F. En juillet, France Telecom porte plainte contre le CIRC. Son serveur présente le cannabis sous un jour favorable. Les responsables font preuve de bonne volonté et suppriment ou modifient les textes susceptibles de froisser France Telecom. Mais au mois d’octobre, l’association passe devant le comité de la télématique anonyme, lequel demande l’interdiction du serveur, la principale source de financement de l’association avec les cotisations, la vente de livres et de quelques tee-shirts. Convoqué à plusieurs reprises au commissariat du dix neuvième arrondissement suite à des plaintes de particuliers, Jean-Pierre Galland est invité à s’expliquer sur le caractère incitatif du 36 15 CIRC devant l’inspecteur Signolet. Ce dernier fera une descente dans le local du CIRC le 28 novembre pour embarquer plusieurs milliers d’exemplaires du "Double Zéro" numéro 4 (revue éditée par le CIRC) ainsi que des affiches et des tee-shirts (même ceux qui, dans les enveloppes, étaient sur le point d’être expédiés !), des autocollants et de la documentation. Après 48 heures de garde à vue, entrecoupées d’interrogatoires à la limite de la décence idéologique, le président du CIRC sort pour découvrir le titre de la première page du "Libération" : "Drogues : le Comité d’Éthique pousse à une dépénalisation".
En février 1995, alors que le professeur Henrion remet son fameux rapport, le 36 15 CIRC est définitivement coupé. On reproche au CIRC d’avoir écrit que la marijuana s’avérait un médicament efficace contre le glaucome. Au bout de deux ans, comme le permet la loi, le CIRC fera une nouvelle demande refusée par France Telecom. Heureusement, avec l’Internet, nous avons pu combler ce manque. Un mois après l’arrivée de Jacques Chirac à l’Élysée, le 16 juin, le CIRC invite les médias et ses adhérents à une soirée privée sur le thème : “Cannabistrot, mythe ou réalité ?“. Le lendemain, en présence de nombreuses associations européennes, il propose un salon sur le cannabis. Et le 18 juin, il appelle les cannabinophiles et leurs amis à se retrouver à La Villette. Or, nous soupçonnant de vouloir présenter le cannabis sous un jour favorable, la préfecture de police interdit la totalité des événements au nom du L.630, deux jours avant le début des festivités. Nos deux responsables, Jean-Pierre Galland et Fabienne Lopez, ex-présidente du CIRC Paris Île-de-France (PIF), se retrouvent sur les lieux pour informer les nombreux amis du cannabis du caractère illicite de cette manifestation... Seulement voilà, plus de mille personnes restent sur les pelouses à échanger des idées et quelques "pétards". Une semaine plus tard, les responsables du CIRC, les associations (Asud, Limitez la casse) et les formations politiques (Écolo, Radical) ayant soutenu nos initiatives, sont convoqués par la brigade des stupéfiants, puis menacés des pires représailles par l’inspecteur Signolet, toujours lui. Un discours odieux et tellement choquant que les associations concernées dénoncent les propos tenus dans le journal "Libération". Cela n’a pas empêché l’inspecteur Signolet d’inciter le directeur des fromageries Bel à attaquer l’association. En effet, quelques mois plus tard, les inspecteurs de la brigade des contrefaçons débarquent au local du CIRC à la recherche de tee-shirts représentant la "Vache qui Rit" avec deux feuilles de chanvre en guise de boucles d’oreilles et des yeux bien rouges... Conçu en 1993 et fabriqué à 299 exemplaires, le tee-shirt "Vache qui rit" a été vendu uniquement par correspondance aux adhérents de l’association. Le 19 novembre 1997, Jean-Pierre Galland est condamné par la trente et unième chambre correctionnelle du tribunal de Paris pour contrefaçon.
Le 2 mai 1996, les gendarmes d’Aix-en-Provence se présentent au domicile de Galland : un prévenu, qui cultivait de l’herbe, l’accuse d’être un vilain trafiquant. À l’issue de la perquisition, des disquettes bourrées d’écrits chanvriers et des lettres de lecteurs de “Fumée clandestine” (dont il est l’auteur) sont embarquées. Tout ça au moment où 4 000 exemplaires du nouveau “Double Zéro” sont saisis à Lyon où devait se faire le numéro. Les stups ont saisi toute l’iconographie sous prétexte que notre ami Christian, l’ex-président du CIRC Lyon, a plongé pour 3 kilos de shit. Le 29 mars, Fabienne Lopez et Jean-Pierre Galland sont condamnés respectivement à 10 000 F et 30 000 F d’amende pour organisation de manifestation malgré interdiction par la seizième chambre correctionnelle de Paris. Jugé en appel, l’amende de Fabienne est passée à 7 000 francs mais celle de Jean-Pierre a été maintenue. L’affaire ira jusqu’en cassation où la cour a maintenu les condamnations. Si l’on ajoute 6 000 F d’avocat et 7 500 F de cassation par tête de pipe, on arrive à 64 000 F pour un procès ! Cela n’a pas découragé les Circomaniaks qui, comme l’année précédente, organise le vingtième anniversaire du "18 joint" avec un rassemblement pacifique à la Villette. Nouveau refus de la préfecture de police. Fabienne Lopez prend acte et renonce à la manifestation. Mais spontanément, Chiche ! (les jeunes écolos) et le MJS (les jeunes socialistes) décident d’appeler à un rassemblement même jour, même heure, même lieu, pour exiger du gouvernement l’ouverture d’un grand débat sur la réforme de la loi de 1970. Encore un refus de Philippe Massoni, préfet de police, qui estime que cette demande a manifestement pour but de se substituer à celle du CIRC. Sur le terrain, on retrouve quelques milliers de personnes, dont les responsables des Verts, du Mouvement de légalisation contrôlée (MLC), de Médecins du monde, de Limiter la casse ou de la Ligue des droits de l’homme (LDH), lesquels expriment tour à tour leur désaccord sur la politique gouvernementale en matière de drogues. Pris en flagrant délit de collage de tracts et d’affiches appelant les cannabinophiles et leurs amis à sortir de la clandestinité pour le "18 joint", certains militants du CIRC sont interpellés, certains d’entre eux finissant devant les tribunaux. A Montpellier, le tout nouveau préfet interdit le rassemblement prévu le 16 juin par le CIRC Languedoc pour "protester contre la répression dont font l’objet les usagers de cannabis". En 1997, le préfet réitérera. De même, on ne compte plus les pressions dont le président du CIRC Provence fait l’objet, tant de la part des élus locaux que des gendarmes. Quant à la préfecture de Moselle, elle s’illustre le 2 août en refusant les statuts déposés un an auparavant par le CIRC Alsace-Lorraine basé à Thionville. Dans l’alinéa 2 de l’article 2 des statuts, il est précisé que l’association a pour but "d’informer objectivement les utilisateurs et futurs utilisateurs afin d’éviter tout abus". Or, le cannabis étant interdit, le préfet considère que l’abus débute dès lors que vous tirez sur un pétard... Et puis, écrit-il, le futur président, Christophe, est défavorablement connu des services de police. En octobre, les membres fondateurs du CIRC Alsace-Lorraine déposent à la préfecture de Metz de nouveaux statuts calqués sur ceux des autres CIRC. Nouveau refus de la préfecture sous prétexte que l’association, composée de nombreux usagers, risque de présenter le cannabis "comme drogue susceptible d’être consommée sans danger". Le CIRC est simplement interdit dans ce département. Que de malheurs pensez-vous, attendez, ce n’est pas fini. En fait le CIRC est tout juste toléré, son action parfaitement ignorée par le Ministère de la Santé, mais pas par celui de l’Intérieur.
Fabienne et Jean-Pierre se présentent, le 3 juillet 1997, devant la seizième chambre correctionnelle de Paris, pour "l’Appel du 18 joint" de 1996, en compagnie de nombreuses autres associations. Le parquet ayant fait appel de la décision du juge, ils se sont tous retrouvés le 26 novembre 1998 (initialement prévu le 7 mai 1998, mais reporté). Le procureur avait requis 35 000 F d’amende pour Jean-Pierre Galland et 10 000 F pour Fabienne Lopez. Ils seront condamnés à 10 000 F d’amendes pour Jean-Pierre et 5 000 pour Fabienne. C’est déjà mieux et c’est la première fois que les peines sont diminuées. Mais revenons en mars 1997. Le 14 et 15 mars, le CIRC Lyon organise sa fête annuelle avec concerts et débats. Mais à quelques heures de l’ouverture des portes du Rail-théatre qui accueillait les manifestations du CIRC, les fonctionnaires du groupe d’enquêtes anti-drogue du cinquième et neuvième arrondissement envahissent les lieux et saisissent, sur ordre du procureur, tee-shirts et tracts. Ils embarquent ensuite la présidente de l’association et le responsable du lieu. Désormais, il est interdit de présenter une feuille de chanvre que ce soit sur un tract, sur un tee-shirt ou sur une carte postale... Incroyable, mais vrai ! D’après les fonctionnaires qui interrogent la responsable du CIRC Lyon, le mot même de cannabis devrait être banni du dictionnaire ! En juin, les membres du groupe anti-drogue de Lyon se présentent au domicile de Jean-Pierre Galland, accompagnés d’inspecteurs de la brigade des stupéfiants de Montpellier. Ce dernier étant absent, ils s’en prennent à son ex-amie. Après la perquisition d’usage, ils l’emmènent et la gardent plus de cinq heures, dont les deux tiers dans une cellule en compagnie de son bébé âgé de trois mois. Agissant sur commission rogatoire délivrée par un juge d’instruction lyonnais, les inspecteurs du groupe anti-drogue se sont ensuite rendu à Paris pour auditionner Jean-Pierre. Convoqué à 15 heures dans les locaux de la quatrième division de la police judiciaire, il en sort à 10 heures le lendemain matin. Avec Laurence Duffy, la présidente du CIRC Lyon, il sera jugé pour provocation au délit d’usage suite à la fête du CIRC Lyon. Le 24 mars, la brigade des stupéfiants effectue également une perquisition au domicile de Stéphane Karcher, co-fondateur du CIRC, et de Laurent Malfois, ancien trésorier de l’association. Ils opèrent dans le cadre d’une commission rogatoire délivrée par un juge d’instruction de Montbéliard suite à l’arrestation, pour détention et cession de cannabis, d’une personne se présentant comme entretenant des liens étroits avec le CIRC. Ayant refusé de subir une injonction thérapeutique, Stéphane est jugé pour simple usage. Après s’être renvoyé la balle d’une chambre à l’autre, il est relaxé ! En Moselle, les Circomaniaks ne lâchent pas prise et déposent, pour la troisième fois maintenant, de nouveaux statuts, mais à Toul cette fois (en Meurthe-et-Moselle) pour donner naissance au CIRC Nord-Est. A la surprise générale, les statuts sont acceptés en janvier 1998. A Paris, la Fédération des CIRC, les CIRC, l’AREV (Alternative rouge et verte), ASUD National, la CAP (la Convention pour une alternative progressiste), Chiche !, Techno Plus, les Verts, le Comité de rédaction de Pote à Pote, l’ANIT, l’Éléphant rose, Limitez la casse, Médecins du Monde et AIDES s’unissent au Parc de La Villette pour fêter ensemble le "18 joint". La LDH, la CGT, Act Up Paris, Anima’fac, l’Association des Communistes Combattants du Sida, le syndicat des policiers en tenue (la FASP), le Parti Radical Socialiste, l’UNEF-ID et le Syndicat de la magistrature (SM) soutiennent également la manifestation. Mais le préfet de police, toujours Philippe Massoni, interdit une nouvelle fois cette manifestation, provoquant ainsi les protestations des protagonistes. Les autorités policières reprochent aux éditions précédentes du rassemblement d’avoir manifestement donné lieu à l’usage et à l’incitation à la consommation de stupéfiants tout en permettant la présentation sous un jour favorable de l’usage de produits stupéfiants. En août, les responsables du CIRC sont convoqués à la brigade des stups, sur ordre du procureur de la république, Monsieur Bernard Pagès, suite à l’ouverture d’une enquête sur le rassemblement. L’année 1997 se finit en beauté avec une opération pour le moins fumante menée par tous les CIRC. En effet, les 577 députés français ont reçu par voie postale, le mercredi 10 décembre, un petit paquet contenant une lettre, un livre et un petit pétard (ou joint). Il s’agissait d’une opération nommée “Chanvre des députés”. De cette manière, le CIRC entendait relancer le débat sur le cannabis tout en sensibilisant les élus sur le sujet de la dépénalisation du cannabis. L’ouvrage adressé aux députés, “Cannabis, lettre ouverte aux législateurs” (10 F dispo au CIRC), raconte les affres de la prohibition en France de 1970 à nos jours.
En 1998, l’incontournable manifestation du CIRC à Paris est tout juste tolérée (nouveau gouvernement oblige). Mais les responsables du CIRC et de nombreux partenaires, dont le porte-parole des Verts, Jean-Luc Benhamias, se sont tout de même retrouvés les 25 et 26 mars devant les XIVe et XVIIe chambres correctionnelles pour l’opération "Chanvre des députés" d’une part et pour "l’Appel du 18 joint" 1997 d’autre part. Si le réquisitoire du procureur pour le "18 joint" ressemble aux condamnations précédentes, il n’en va pas de même pour les joints que nous avons envoyés à l’Assemblée Nationale. Ainsi, les parties civiles (deux associations anti-drogue) ont demandé des amendes de 5 000 à 5 millions de francs en guise de préjudices et le procureur a requit 18 mois de prison dont 12 avec sursis et 1 franc de dommage et intérêt aux onze députés qui ont porté plainte, ainsi que le remboursement des frais de justice (10 000 francs). Notre ami Jean-Pierre est finalement condamné à 250 jours-amende à 200 F (50 000 F) pour cette opération. Heureusement, grâce à la générosité des cannabinophiles, il a pu réunir cette somme avant janvier 1999, évitant ainsi d’effectuer 125 jours de prison. Il doit aussi verser 1 franc de dommage et intérêts aux onze députés et 3 000 francs aux deux associations qui se sont porté partie civile. Ajoutez les frais d’avocats, les divers frais de justice et les amendes précédentes, on arrive à un total de 180 000 francs à devoir au Trésor Public... Ca fait vraiment beaucoup et on commence à craquer. Mais pour aussi dur qu’il soit, ce jugement est bien loin de la peine de prison ferme demandée par le procureur Pagès. De même, le lendemain, pour le "18 joint" 1997, les organisateurs sont reconnus coupables, mais dispensés de sanction... En effet, les délibérés du 14 mai vont à l’encontre des réquisitions du procureur Pagès pour qui le président du CIRC était le véritable organisateur de la manifestation. Il demandait à son encontre 3 mois de prison avec sursis et 30 000 francs d’amende (10 000 francs pour les autres protagonistes). C’est la première fois dans la tumultueuse histoire du CIRC avec la justice que le responsable de l’association échappe à une peine de prison avec sursis et/ou une amende. Est-ce seulement parce que le CIRC était jugé avec le responsable d’un parti politique de la majorité qu’il a échappé à la vindicte de la justice ? Ou ce jugement marque-t-il la fin de l’hystérie contre les associations qui se battent pour que s’ouvre un débat sur les stupéfiants ? Il faut visiblement opter pour la première option car le procureur Pagès aura vite fait de renouveler ses attaques contre Galland. En effet, il a fait appel à ce jugement. Après un nouveau procès, Jean-Pierre Galland est condamné à une amende de 10 000 F alors que les Verts et Asud devront payer 5 000 F chacun. Chiche ! et la CAP seront jugés plus tard car ils ne se sont pas présentés au procès. Dans la foulée, les Verts et le Mouvement des citoyens ont chacun déposé une proposition de loi pour abroger l’article L.630 qui censure tout débat sur la place des drogues, et un collectif pour l’abrogation de la loi de 1970 a vu le jour. En effet, en soutien aux représentants des organisations poursuivis, à toutes les victimes du L.630 et surtout après le procès du président d’Act Up Paris ; à l’appel d’ASUD, de Chiche !, du CIRC, des Verts, d’Act Up Paris et de la LDH, nous avons créé le Collectif pour l’abrogation de la loi de 1970 (le Cal 70). Dans le Nord Est, après les statuts du CIRC acceptés en Meurthe-et-Moselle, l’équipe tente de redéposer des statuts en Moselle. Cela ne plaît pas aux autorités puisque le secrétaire de l’association est harcelé par les renseignements généraux (RG) qui le menacent de lui faire perdre son emploi de fonctionnaire. Il démissionne de son poste au sein du conseil d’administration du CIRC Nord Est sous la pression. Le mois de juin est particulièrement chargé. En effet, les Nations Unies tiennent la première session spéciale de leur Assemblée générale sur les drogues, du 8 au 10 juin à New York, afin de surenchérir les stratégies répressives actuelles, dans la catastrophique quête d’une “société sans drogue”. Du coup, plusieurs organisations se sont unifiées contre cette session pour former une “Coalition mondiale pour des alternatives à la guerre anti-drogue”. Cette coalition a désigné les samedi 6, dimanche 7 et lundi 8 juin 1998 comme étant les “Journées mondiales 1998 contre la guerre anti-drogue”. Cet événement se décline en manifestations, forums de discussion, séminaires, publications, conférences de presse, fêtes de rue, concerts, etc, dans 33 villes en même temps un peu partout dans le monde. Le CIRC participe à cet événement au sein du Cal 70 avec une manifestation le dimanche 7 juin 1998 à Paris. "L’Appel du 18 joint", quant à lui, est aussi fêté dans plusieurs villes de France. En effet, le 21 juin, c’est à Paris, à La Villette, accompagné par la fête de la musique. C’est aussi à Montpellier, Toulouse et Lyon le jeudi 18 juin et à Strasbourg le 20 juin. A Montpellier, les CRS sont rapidement intervenus. A Lyon, ils sont quelques 200 à se réunir autour d’un superbe gâteau (les 5 ans du CIRC Lyon) à Bellecour. Le CIRC Midi-Pyrénées s’est donné rendez-vous le 18 juin 1998 à Pech David (base de loisir près de Toulouse) sans demande d’autorisation et donc sans encombres. Il y avait environ 150 personnes. A Strasbourg, c’est la première fois que le CIRC Nord Est tient un stand sur la place publique. Avec la complicité très active d’ASUD 67 et des Verts 67, cette première manifestation locale c’est superbement bien passée, malgré la présence des CRS et des RG. A Paris, après la rituelle interdiction de manifestation, le CIRC a, tout aussi rituellement, bravé l’interdit pour se retrouver, en compagnie de quelques 800 à 1 000 personnes, pour un pique-nique où la légalisation du cannabis était servie en plat principal. Jean-Pierre Galland est présent, s’indignant du récent rapport Roques, le trouvant illégal en vertu du L.630, en tout cas au même titre que cet attroupement qui est maintenant devenu une habitude.
En 1999, six CIRC relancent "l’Appel du 18 joint" un peu partout en France. Certains d’entre eux se sont vus interdire le droit de se rassembler, alors que pour d’autres tout s’est bien déroulé. Dans tous les cas, pendant plusieurs heures, sur quelques places de France, la consommation du cannabis est légalisée, et ce, avec la bénédiction de la police qui, bien que très proche, n’a jamais demandé aux nombreux usagers d’éteindre leurs joyeuses cigarettes ! Comme en Bretagne par exemple, à Rennes, où les Bretons se rassemblent avec Chiche ! et le MJS. Les ennuis commencent lors du collage des affiches annonçant la manif et la campagne électorale des Verts. Nos amis colleurs sont embarqués à 6 heures du matin par un flic grincheux et un procès verbal pour le moins étonnant est dressé. Pourquoi étonnant ? Tout simplement parce que le rassemblement prévu quelques jours plus tard n’est pas interdit et parce qu’il n’y a pas d’accusation, ni procès pour "incitation à la consommation" alors que les affiches comportaient des feuilles de cannabis et la phrase "légaliser le chanvre". Il y a seulement eu, le 8 juillet, un rapide passage des protagonistes devant un médiateur pénal qui leur a fait la morale. Le deuxième petit souci intervient après le collage des affiches du L.630 Tour. Une association familiale catholique, n’appréciant pas l’affiche du CIRC, décide de nous attaquer au nom du L.630. Mais pour une fois, le plaignant ai débouté et le CIRC sort de cette histoire avec une jurisprudence qu’il ne va pas manquer d’exploiter. De plus, nous constatons que la solution consistant à se mêler à beaucoup d’autres mouvements pour appeler au rassemblement de "l’Appel du 18 joint" semble porter ses fruits et empêcher toute interdiction abusive. En tout cas, nos amis Bretons ont constaté que leurs affiches résistaient bien au décollage. Mieux, l’histoire de la censure qui leur était infligée s’est répandue comme une traînée de poudre à Rennes. Il n’en fallait pas plus pour faire du "18 joint" un véritable succès. Tout commence à Nantes avec un rassemblement le 18 juin. Simultanément, à Rennes, on pouvait assister à une projection de films ("Kif-Kif", "Cannabis en France" et le "journal cannabique"). Le lendemain, le 19 juin, toujours à Rennes, c’est un rassemblement pour légaliser le gouda, organisé sur la place de la mairie et relayé par la Lesbien and Gays Pride. Une vraie manif d’agités où tout le monde a pu s’informer, dialoguer, etc. Tout comme à Lyon où les cannabinophiles et leurs amis se sont rassemblés le 18 juin pour "consommer le L.630". Comment ? Très simple. Ils ont confectionné quelques sablés et gâteaux en forme de feuille de chanvre et les ont dégustés de manière à consommer la preuve ! A Nancy, c’est au parc de la Pépinière que les cannabinophiles du Nord Est se sont retrouvés pour le "18 joint" avec l’association Icare, ASUD 67, Chiche ! Et FTP. Une belle réussite ! Par contre, à Montpellier, voilà une année de plus que le rassemblement prévu par le CIRC Languedoc est interdit. Devant la pression policière accrue, très peu de sympathisants sont venus soutenir la cause cannabique. En revanche, les CRS sont bien nombreux, n’hésitant pas à intervenir au moindre mouvement des défenseurs du chanvre. Le CIRC Midi-Pyrénées aussi est touché par la répression. L’interdiction tombe 24 heures avant le début des festivités. A Paris, bien que n’ayant fait aucune demande d’autorisation de rassemblement, Jean-Pierre Galland s’est vu une fois de plus stipuler que le rassemblement prévu par le CIRC PIF était interdit. Le soutien des Verts, du SM, de la LDH, de Chiche !, d’Asud et d’Aides Fédération n’a pas dissuadé la préfecture d’empêcher les cannabinophiles d’exprimer librement leurs avis sur la question de la légalisation du chanvre. Après ces quelques rebondissements, "l’Appel du 18 joint" se déroule sans problème et réunit plus de 2 500 personnes. De plus, l’interdiction étant tombée le 17 juin, le CIRC n’a pas pu prévenir ses sympathisants et a donc dû se rendre au Parc de la Villette, non pas pour fêter "l’Appel du 18 joint", mais pour annoncer et dénoncer, comme d’habitude, l’interdiction !
Mais en 1999, il est surtout question de la campagne électorale des Verts pour les élections européennes à laquelle Jean-Pierre Galland a participé. Tout le monde était ravi de ce "coup" médiatique et en espérait un retentissement qui n’a pas encore eu lieu. En effet, avec le Cal 70 et le candidat Galland, 25e sur la liste des Verts, on pensait bien que les usagers allaient envahir la scène politique. Mais rien. Pourtant, à moitié dissimulé derrière une touffe verdoyante de feuilles de cannabis, le visage hilare de Jean-Pierre Galland est apparu sur les murs de la capitale et d’une cinquantaine d’autres villes, en dessous d’une invitation alléchante : "Et si on sortait de la prohibition ?" Quand les inspecteurs des RG ont découvert le nom de Galland sur les affiches électorales des Verts, ils ont cru que c’était un gag. Ils ont même appelé la direction du parti pour être sûrs que ce n’était pas un canular. Sans préjuger de l’influence qu’a eu la participation du CIRC dans les résultats obtenus, nous espérons que les politiques auront pris conscience de l’importance de nos revendications. Car si les élections furent un succès pour les Verts et une belle aventure pour nous, elles n’ont pas vraiment permis de faire avancer le débat. D’ailleurs, l’actualité du CIRC est toujours répressive, en particulier avec le procès du CIRC Lyon. Après une très longue enquête, plus d’un an, voilà que commence enfin le procès de nos deux amis du chanvre pour la fête du CIRC Lyon en mars 1997. Les animateurs de l’antenne lyonnaise du CIRC sont défendus par Maître Gabriel Versini qui précise que “la dépénalisation des drogues dites douces est un véritable serpent de mer. À chaque changement de gouvernement, on en parle, on nomme une commission qui rend un joli rapport, aussi vite enfoui au fond d’un tiroir. Résultat : il n’y a jamais eu de véritable débat autour de cette question qui est pourtant extrêmement importante”. Il est vrai qu’après le rapport de mars 1997 réalisé par l’Académie des sciences à la demande de François d’Aubert, à l’époque secrétaire d’État à la recherche, qui mettait en évidence “la toxicité” du cannabis, il y a eu le Rapport Henrion de février 1995 qui proposait, lui, de substituer une réglementation à la pénalisation. Quelques mois plus tôt, en décembre 1994, c’était le Comité pour la consultation des jeunes, mis en place par Édouard Balladur, alors Premier ministre, qui évoquait une dépénalisation expérimentale de la consommation de cannabis pendant dix-huit mois. Puis c’est au tour du rapport Roques de qualifier le cannabis comme étant la drogue la moins dangereuse, surtout comparée à l’alcool et au tabac, produits parfaitement licites. Autant de rapports qui déclenchent des prises de positions passionnelles et qui ont, aussi, rapidement été oublié. Pour preuve, les flics ayant saisi 500 grammes de graines de chènevis sur le stand du CIRC Lyon, Laurence est accusée de trafic ! Autant vous dire que l’on redoutait tous ce procès du 6 septembre devant la 12ème chambre correctionnelle du tribunal de Lyon. En effet, le procureur n’hésite pas à employer les arguments les plus éculés avant de requérir une peine de 200 jours-amende à 500 francs (100 000 F) à l’encontre de Jean-Pierre Galland. L’amende de la présidente du CIRC Lyon est laissée à l’appréciation de la juge. Les délibérés ont été rendus le 27 septembre. Le tribunal condamne Jean-Pierre à 10 000 F d’amende et Laurence à 5 000 F. Le pire, c’est que les fonctionnaires du Trésor Public ont procédé à la saisie du compte bancaire de Jean-Pierre. Nous avons décidé fait appel. En Moselle, l’heure est à la contre attaque. Après avoir été refusé pour la troisième fois en Moselle, nous attaquons le préfet en justice en argumentant que nous avons été acceptés dans le département d’à côté. Après un recours devant le tribunal administratif de Strasbourg, la décision du préfet de Moselle est annulée et l’État est condamné à verser aux trois administrateurs la somme de 2 000 francs au titre des frais exposés par eux. A la suite de cette première victoire juridique pour le CIRC, nous avons créé le CIRC Moselle. En Bretagne, lors des Universités d’été des Verts à Lorient, le CIRC Bretagne tient une table d’informations. Leur présence déclenche l’opération policière la plus ridicule et la plus foirée de l’année. En effet, un contingent de brassard de police, sur ordre d’un procureur, fait irruption dans la galerie des tables de presse. Le CIRC est visé pour incitation et Chiche ! pour vente de produits illicites. Les mille délégués des Verts, alors en congrès à l’étage, n’hésitent pas à encercler complètement les fonctionnaires et à les chasser. Finalement, les flics se font copieusement engueuler par le préfet et le procureur s’excusera auprès des Verts pour avoir agi légèrement. Pour le CIRC, carton plein dans la presse TV, écrite, scandale et délectation de militants gagnants. Mais à chaque fois qu’une bonne nouvelle s’annonce, la répression a vite fait de nous refroidir. Voilà que trois responsables du CIRC Nord Est sont condamnés à Abbeville, dans la Sommes, suite à la tenue d’un stand d’information en 1998. Si l’un d’eux a été condamné à 1 mois avec sursis compte tenu de l’absence d’antécédent judiciaire, Luc, adhérent très actif, et Christophe, président du CIRC Nord Est, sont condamnés à 1 mois ferme chacun ! Alors que la joyeuse équipe se rendait à un festival musical pour y tenir un stand d’information sur le cannabis, ils ont été interceptés à quelques kilomètres du lieu de cérémonie par les gendarmes avec 28 grammes de résine de cannabis... Après une première audience ajournée, les trois Circomaniaks sont passés devant le tribunal correctionnel d’Abbeville le 1er avril 1999. A l’audience, il est surtout questions de leur personnalité, de leur action au sein du CIRC, de l’action du CIRC et de ses biens fondés, et, surtout, du fait que d’avoir des pipes et des balances constituaient plutôt une incitation à la consommation de drogues, voire de la provocation, et non de l’information au sens où nous l’entendions. Nous avons interjeté appel de cette décision. La cour d’appel est à Amiens. Le 14 septembre 2000, elle maintiendra les sanctions. Des peines qui apparaissent disproportionnées par rapport aux faits et en contradiction avec leur époque. Au moment où Mme Maestracci, présidente de la MILDT, la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie, un organisme directement dépendant du Premier ministre français, envisage la possibilité de distribuer gratuitement de l’héroïne à des toxicomanes lourds afin de diminuer les risques sanitaires ; à l’heure où la banalisation du cannabis se confirme (selon une étude de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, l’OFDT, réalisée à Paris en 1998 sur 10 000 lycéens, un tiers des lycéens a fumé un joint et on parle d’environ un jeune sur deux qui a consommé du cannabis au moins une fois dans sa vie) en même temps que les scientifiques s’accordent sur la faible nocivité du cannabis comparé aux autres drogues, licites ou illicites (comme l’admet aussi les objectifs du nouveau plan triennal) ; cette sentence est véritablement inadaptée. Déjà en 1978 et 1984, deux circulaires du ministère de la Justice avaient recommandé de ne plus suivre les consommateurs. Puis, après que Nicole Maestracci ait suggéré d’éviter les incarcérations pour simple usage de drogues illicites, c’est Élisabeth Guigou, Ministre de la Justice à l’époque, qui a envoyé aux procureurs de la République une circulaire qui met notamment l’accent sur la palette des réponses judiciaires disponibles qui va "du simple rappel de la loi à l’incarcération, recours ultime, avec toute une gamme intermédiaire". Mais de tout cela, la cour d’appel d’Amiens n’en a que faire. Alors que Luc a lâché l’affaire dans l’espoir de bénéficier d’une éventuelle amnistie, Christophe a décidé de se pourvoir en cassation.
Alors que les manifs du "18 joint " de l’an 2000 n’ont pas connu de problème en Bretagne, à Paris, Lyon et Montpellier, il en est tout autre à Nancy et Lille. Le CIRC Nord Pas-de-Calais a connu le même scénario répressif que le CIRC Nord Est avec la confiscation de leur stand, en particulier les livres et les tee-shirts. A Paris, c’est lors du "Printemps des associations" que le CIRC PIF a été jeté par les stups. Là aussi, c’est exactement le même scénario. Outre l’infraction au L.630, ils seraient là, sur la voie publique, sans autorisation... Mais qu’en était-il des autres stands présents dans le cadre de l’événement ? Avec l’accord du préfet, ils ont saisi les livres à pleines mains. Ils ont fait monter la pression, menaçant d’embarquer tout le monde et de mettre les livres sous scellés, assortis de la menace d’un procès verbal pour "trouble à l’ordre public" et plus si (non) affinités. A Lille et à Nancy, les flics ont embarqué tous les articles disposés sur nos stands, mais seuls les livres (Esprit Frappeur, Édition du Lézard, de Dagorno et de Trouble Fête), les tee-shirts et autres babioles reproduisant une feuille de chanvre ont été confisqués et mis sous scellés. Les autres articles, notamment les pipes et les chillums, ainsi que nos tracts, ont été immédiatement restitués. C’est un coup dur porté contre notre association, les livres représentant les trois-quarts des produits que nous vendons. Même si nous avons réussi à reconstituer un stock de livres grâce à l’aide des Editions du Lézard, que nous remercions au passage, il est impossible de laisser sous silence la confiscation de livres. De plus, en s’opposant à notre rassemblement, les forces de l’ordre ont commis une voie de fait, en ce qu’ils portent une atteinte intolérable à des libertés fondamentales telles que la liberté d’expression et de manifestation. La LDH nous soutien dans un recours contentieux et se tient à la disposition de notre avocat, Maître Gallic de Verdun. Il est prêt à engager une action en responsabilité à l’encontre des services de police devant la juridiction administrative, voire plus, car il semblerait que nos livres ont été détruits (ce qui apparaît illégal). En attendant, après avoir décidé de quitter les Éditions du Lézard et de créer sa propre maison d’édition (Trouble fête), Jean-Pierre Galland s’attaque à la promo de son nouveau livre réalisé avec la collaboration de Phix : "J’attends une récolte" (120 F dispo au CIRC). Les CIRC s’y attaquent aussi. Si avec tout cela vous ne vous mettez pas au jardinage !
Ainsi, depuis presque dix ans, dans des conditions rendues difficiles par des procès à répétition, l’association se bat contre l’hypocrisie, débusque les mensonges, dénonce une répression aveugle, informe les cannabinophiles ou leurs parents, propose des solutions pour rendre au cannabis sa liberté... Bref, le CIRC démontre par son travail et ses arguments, la preuve de l’inutilité et de la dangerosité de la prohibition. Hier, victime de procès à répétition, aujourd’hui censuré, le CIRC devrait-il demain entrer dans la clandestinité et ses militants les plus actifs prendre le maquis ? Car les condamnations, amendes et autres interdictions n’en finissent plus de nous “pourrir la vie”. Il faut absolument que les cannabinophiles prennent conscience qu’il est temps de bouger, car après il sera trop tard ! Le vénéré Jean-Pierre Galland a tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises. Ce qui est mis en jeu est extrêmement important pour l’avenir du CIRC. À travers tous ces actes de censure, ce sont toutes les associations et organisations défendant la liberté d’expression qui sont ouvertement menacées. Pour le nouveau millénaire, le CIRC continuera à inviter les cannabinophiles et leurs amis à sortir de la clandestinité pour demander :
- L’abrogation de l’article L.630 du Code de la Santé Publique qui punissant, la “présentation du cannabis sous un jour favorable”, empêche tout débat.
- Le retrait du cannabis et de ses dérivés du tableau des stupéfiants et l’amnistie pour celles et ceux qui sont victimes de ce classement inepte, immoral dans son principe et impraticable dans la réalité.
- Un grand débat national sur la place des drogues illicites dans notre société et sur les modalités de sortie de la prohibition des drogues.
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