Ils proposent maintenant des tests sous diverses formes (bandelettes, caissettes à absorption…) et différents types (urinaires, salivaires et capillaires).



Il convient de préciser à ce stade, que tous ces tests ne permettent pas de quantifier un quelconque taux de THC dans le sang. (Seul un examen sanguin le permet).

En effet, suivant leur seuil respectif de détection les tests utilisés seront soit positifs soit négatifs.

Un résultat positif, peu importe le seuil de sensibilité de détection du test, autorise dés lors un examen clinique de type analyse sanguine dont le résultat détermine précisément le taux de THC en nano gramme par ml de sang.

Pour rappel, la loi française permet maintenant de traquer la moindre trace de nano gramme de THC au bord des routes.

Ce seuil de détection varie donc en fonction des tests utilisés qui peuvent rendre une lecture positive à partir de 2 pico gramme (c’est-à-dire 0.002 nano gramme), pour le plus sensible que nous avons trouvé et de 300 nano gramme pour le moins sensible (mais tout de même largement en-dessous de l’ivresse cannabique estimée entre 40 000 et 300000 nano gramme dans une étude franco hollando belge « Cannabis Report » en 2002)

Le message du CIRC, dans ses campagnes de prévention et de réduction des risques, condamne depuis bien longtemps (bien avant les fumeuses lois en question ici) la conduite en état d’ivresse cannabique, car il n’y a aucune raison de permettre à une personne « défoncée » de tuer une autre personne, pas plus que nous ne le tolérons pour un conducteur « bourré ». Le CIRC trouve donc tout à fait normal que l’on adopte une disposition qui aille dans ce sens.

Cependant le CIRC trouve particulièrement sommaire, sur le plan scientifique, les affirmations « dites scientifiques » qui ont pourtant légitimé ces lois sur le cannabis au volant. Nous sommes choqués de constater que le législateur se soit appuyé sur la pseudo étude des professeurs Mura and Co (celui-là même qui a fait preuve d’un charlatanisme sidérant en affirmant que le cannabis pouvait provoquer des effets retour sous l’effet du stress plusieurs jours voir semaines après sa consommation). Cette étude tient sur une demi page d’une revue confidentielle et n’est étayée par rien !

Le CIRC ne dit absolument pas que le cannabis au volant n’est pas dangereux mais que, sur la base de cette pseudo étude, la loi permet aujourd’hui de détecter un nano gramme (ng) de cannabis par ml de sang.

Paradoxe ou ignorance du législateur, tout le monde sait que le cannabis est non seulement une drogue mais aussi un produit inscrit sur la liste des dopants, c’est-à-dire une substance censée améliorer les capacités physiques et sportives. Des célébrités sportives tels que Lama ou Barthés ont écopé d’une suspension de 4 mois pour avoir été détectés positifs au cannabis lors de tests anti-dopage.

Autre paradoxe, grâce a ces lois sur le cannabis au volant, soi-disant pour protéger la sécurité routière, c’est le nano gramme qui est détecté au bord des routes, alors que le champion Olympique de surf sur neige, à Nagano, a été détecté à l’arrivée avec 17.5 ng de THC par ml de sang et que le champion de Formule 3000, Tomas Enge, en 2003, a perdu sa couronne de meilleur conducteur de F3000 parce qu’il a été détecté positif au grand prix de Tchéquie avec 150 ng/ml de cannabis dans le sang !

Le CIRC regrette et dénonce que le législateur ne ce soit pas plutôt appuyé sur l’étude scientifique Franco Hollando Belge de 2002 « Cannabis Report », qui fait état d’un seuil d’ivresse cannabique qui correspond à quelque chose, alors que c’est le nano gramme qui est actuellement détecté sur le bord des routes françaises, c’est-à-dire un milliardième de gramme.
Le fait de détecter une trace tellement infinitésimale conduit a une mauvaise compréhension de la loi parce qu’elle punit des gens qui ne sont pas ou plus dangereux.

Dans cette étude, le seuil de l’ivresse cannabique (l’équivalent du seuil d’ébriété pour l’alcool), n’est pas du tout de 1 ng/ml mais oscillerait entre 40000 et 300000 ng/ml, c’est-à-dire entre 40 et 300 micro grammes (µg)/ml.

Petit rappel des unités de mesure :

1 pico gramme (pg) = 0.001 ng ou 0.000000000001 gramme (le test le plus sensible permet de détecter des traces de l’ordre de 2 pico gramme)

1 nano gramme (ng) = 0.000000001 gramme

1 micro gramme (µg) = 1000 ng ou 0.000001 gramme

Les sanctions, pour quelques infimes traces, sont particulièrement lourdes :

La loi du 3 février 2003 punit de deux ans d’emprisonnement et 4 500 euros d’amende toute personne ayant conduit sous influence de substances ou plantes classées comme stupéfiants.

Si la personne se trouvait également sous l’emprise de l’alcool (plus de 0,5g d’alcool par litre dans le sang), les peines sont portées à trois ans d’emprisonnement et 9 000 euros d’amende.

A ces sanctions s’ajoutent une suspension de permis pendant 3 ans maximum ou une annulation de permis (pendant 3 ans), et un retrait de 6 points.

En cas d’accident avec homicide involontaire, les peines sont portées à 100 000 euros d’amende et 5 ans d’emprisonnement.

Autre article traitant du même sujet par le Circ Nord-Est :

Le CIRC s’interroge et s’offusque.

Le figaro nous informe de la préparation "dans la plus grande confidentialité" de la généralisation des tests salivaires en matière de stupéfiants. La chasse au fumeur s’organise, car encore une fois sous le prétexte des mots drogues et stupéfiants, on vise le cannabis. En effet, il n’y a que le cannabis que l’on puisse retrouver au delà de très courtes heures après usage. Ainsi, le test devient un test d’usage.

Fumeurs cachez-vous !

Le gouvernement veut vous exclure un peu plus, vous enfermer chez vous et vous faire taire (ah, s’ils le pouvaient...)

Le cannabis bien que rapidement assimilé se retrouve très longtemps dans l’organisme sous forme de métabolites de dégradation. Cette présence très longue s’explique par sa très forte affinité pour les graisses et son élimination lente. Par le fait, un test visant à vérifier la présence de ces mêmes métabolites n’est pas un test d’ébriété tel l’alcotest, mais un test d’usage à long terme plaçant des millions de français dans la position de criminels routiers en puissance. La mise en place et la généralisation d’un test répondant à ces critères irait lui-même à l’encontre de la loi qui sert à le justifier, en l’occurrence, une loi visant à réprimer la conduite sous influence de produits stupéfiants. Cette loi, à l’instar de l’ensemble du système prohibitionniste vise à désocialiser l’usager de fleur de chanvre en lui faisant craindre l’utilisation même de son véhicule, des jours voire des semaines après le moindre usage.

De plus, elle met en avant un certain nombre de problèmes :

* l’inutilité en matière de sécurité routière, mis à part son aggravation par l’augmentation directement associée des conduites sans permis

* l’absence de seuil de positivité, entraînant des soi-disant conduites sous influence des jours voire des semaines après usage

* le nombre de faux positifs et de faux négatifs

* le coût et l’enrichissement (sur le dos de tous les français) de quelques industriels fabricants de ces tests pour lesquels ont été édictées ces mesures

* ...

Soyons raisonnables.

Le cannabis, tel que l’a démontré l’étude "accablante" du SAM compare le facteur accidentogène associé au cannabis à celui de l’alcool et nous démontre que le plus fort effet cannabique au volant est comparable à une consommation légale d’alcool, c’est-à-dire inférieure à 0,5g.

Une flopée d’autres études dans de multiples pays nous démontre qu’une faible consommation de cannabis augmente même les performances de conduite et qu’au pire, elle est toujours inférieure dans ces effets sur la conduite, à ceux d’une femme enceinte soumise à ses dérèglements hormonaux, sans parler de la conduite sous médicaments (drogues dures légales), en état de fatigue, d’âge avancé ou de tout autre paramètre "perturbateur" pour la conduite.

C’est la raison qu’il faut mettre en avant. C’est le conducteur qu’il faut éduquer et pas le fumeur sur qui il faut taper !

Florent COMPAIN pour le CIRC Nord-est

Liens web :

Enquête SAM (stupéfiants et accidents mortels)- 2005 -
Cannabis Report – 2002- (en anglais)
Descriptif d’un test urinaire à bandelettes (absorptions)
Descriptif d’un test urinaire avec pipettes (caissettes)
Informations diverses sur les autres tests
Blog à part: cannabis au volant, une étude fumeuse